Etienne, 26 ans - "Un homme ne grandit pas seul. On évolue de façon commune"

2 Nov 2017

   

Place du Panthéon - Paris 6ème

 

Si dans LES AMBITIEUSES, il s’agit de (re)découvrir la société par le prisme féminin, il n’est pas question de vous éluder, vous les hommes, dans cette conscientisation. Car au-delà de la famille, de l’Etat et la rue, vous jouez incontestablement sur notre histoire et notre condition dans la société. Un regard et sa considération tout aussi essentiels à la vie comme à sa bonne fin. Un rôle, qu’ ETIENNE, 26 ans, a pris en compte très jeune et qu’il tente de faire évoluer, depuis, entre l’héritage familial et la mutation d’une société. 
Face au Panthéon, il nous en livre sa réflexion. Sur la place des femmes et ce qu'il pourrait en advenir pour les hommes. 
Un témoignage qui s’inscrit dans une volonté de faire cause commune en tant qu’être humain. Bien au-delà de la question du genre. Et pour le bien de tous !

 

 

Quand j'ai voulu donner la parole aux hommes à travers LES AMBITIEUSES, l'actualité n'était pas celle de ces derniers jours. Bouillonnante. Où la parole se libère, sans détours et à la mesure de la nature des faits qu'elle révèle: inconcevables et symptomatiques d'une société qu'ils incarnent: patriarcale.

Aujourd'hui, cette même société est face à un événement majeur qu'elle n'a (en partie) pas vu venir: la globalisation du harcèlement et de ses agisseurs. Une prise de conscience générale pour les hommes –les autres– qui apprennent au fil des tweets et prises de paroles ce que leurs muses, leurs mères, leurs filles, leurs sœurs, leurs épouses, leurs amies ont dû endurer dans le silence. Et ce qu'elles ne veulent plus, désormais, subir. Tolérer. Couvrir d'un mouchoir en faisant semblant d'avancer.

 

L'inclusion

S'il était déjà essentiel de discuter et de réfléchir avec l'homme sur la question de l'égalité de traitement homme-femme, de la considération féminine, ou tout simplement de sa dignité humaine... l'inclusion est aujourd'hui nécessaire et inévitable. Car au-delà des horreurs exposées, c'est ce que ces faits imposent aujourd'hui aux femmes: être moteur de leur propre histoire tout en évitant l'entre-soi. Pour ainsi favoriser la conscientisation globale tout en oeuvrant à la loi, la réflexion et ses solutions. Mais surtout pour marquer d'un pas décisif la société à travers deux voies: la prévention et l'éducation des générations passées mais surtout celles à venir. Parce que c'est de ça, dont il s'agit plus qu'hier: aujourd'hui et demain!

 

Une jeune génération et ses hommes que j'avais envie de rencontrer, comprendre. Mettre au cœur de cette démarche immersive. Citadine et citoyenne. Tels les partenaires d'une vie commune. Une jeune génération née dans le flot des prouesses technologiques, des images et contenus continus, et de certains idéaux et mastodontes qui se sont effondrés. La génération Y. Des jeunes hommes qui réfléchissent aussi à leur rôle et action dans ce système en pleine mutation. Des hommes qui peuvent être tout autant les responsables que les victimes collatérales d'une société patriarcale et de ses non-dits. Mais encore ses stéréotypes et images d'Épinal étouffantes voire déshumanisantes.

 

"Des hommes qui peuvent être tout autant les responsables que

les victimes collatérales d'une société patriarcale et de ses non-dits." 

 

Un engagement du quotidien

J'ai rencontré Étienne, 26 ans, par téléphone, comme il peut être de coutume dans le métier. Une heure trente de discussion. Sans demi-mots. Ni demi-mesure. Etienne déroule posément sa réflexion sur le sujet: de la femme dans l'espace public et de la société en général. Pas un mot plus haut que l'autre. Sa réflexion semble nourrie depuis des temps. Il me dit n'être engagé dans aucun mouvement féministe ou associatif. Ou plutôt, si. Dans celui de tous les jours. Étienne est dans la construction. La sienne mais aussi celle de la société.

Le jeune homme est avide de parler et d'échanger. Son enthousiasme marque cette reconnaissance au temps de parole proposé, telle une fenêtre ouverte au possible changement.

 

Le pouvoir de l'éducation et de sa transmission

A l'écouter, c'est sa sensibilité, bien plus que son enthousiasme, qui est perceptible. Étienne est engagé de par sa mère. Une mère qui malgré son statut de "mère au foyer" et ce que la société a bien pu lui renvoyer, a fait en sorte de ne jamais abdiquer ou encore s'abaisser devant les stéréotypes. Elle a cultivé son indépendance d'esprit et financière. Fait en sorte d'exister de par elle-même. Un positionnement qui se ressent dans l'attitude d'Étienne, mis très tôt et de manière naturelle face à la question de la parité et de l'égalité homme-femme. Face aux revendications féminines et aux moyens entrepris. À sa considération.

 

De cette éducation et ses principes, Étienne ne s'en est jamais affranchi. Aujourd'hui, évoluant indépendamment sur Paris, il me dit observer ce sexisme banalisé au quotidien. Des comportements déviants portés par des hommes -que ce soit en entreprise ou dans les transports- mais aussi portés par des institutions comme les médias ou encore le sénat, le gouvernement, l'assemblée nationale. Des comportements qui viennent nourrir une image de la femme bien loin de sa réalité. Qui viennent légitimer une place de la femme victime et subalterne. Pour le jeune homme de 26 ans, véhiculer ces idées et ces comportements est désuet et dérangeant pour qui voit en une femme un individu à part entière et l'égale de l'homme.

Comme si, finalement, derrière chaque situation vécue ou entendue, comme si derrière chaque femme rencontrée sur son chemin, la silhouette de la mère d'Étienne continuait d'oeuvrer à la considération féminine et à la prise en compte d'un parcours commun. Femme et homme unis.

 

"Il me dit observer ce sexisme banalisé au quotidien. Des comportements déviants portés par des hommes -que ce soit en entreprise ou dans les transports- mais aussi portés par des institutions" 

 

La prévention

Étienne ne souhaite pas parler de féminisation de la société mais plutôt d'une juste remise à niveau. S'il existait une société où tout le monde pourrait prendre enfin sa place en tant qu'individu sans la question restrictive du genre, Étienne voudrait bien en faire partie.

Et ce combat pour un système égalitaire et de vivre ensemble, il en est convaincu, ne se gagnera pas chacun de son côté. À l'homme aussi de faire des contrepieds face aux idées banalisées, d'oser dire qu'il n'est pas ou plus assujetti à ce type de fonctionnement patriarcal et à leurs clichés desservant aussi bien la cause des femmes que celle des hommes. Comme si oeuvrer pour la cause féminine revenait à œuvrer pour le bien de tous, bien au-delà de la question du genre et de ses clichés.

 

"Comme si oeuvrer pour la cause féminine revenait à œuvrer pour le bien de tous, bien au-delà de la question du genre et de ses clichés."

 

Étienne allait faire partie de l'aventure Les Ambitieuses, projeté face au Panthéon, le temple des ambitions assumées et reconnues. Une invitation qui allait marquer la volonté d'inscription féminine jusque sur les murs. Où quand le mot "Homme" et son grand H ne suffisent plus!

 

 

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